
La jaquette indique: "Le film le plus controversé de l'histoire du cinéma". Après vision, on comprend pourquoi! Plus de vingt années après (le film est sortie en 1980, âge d'or du cinéma d'exploitation ou bis, en Italie notamment), il est toujours aussi controversé. Pourtant, lorsque l'on regarde la télévision actuelle, on se dit que Ruggero Deodato (le réalisateur) avait presque des dons de visionnaire par rapport au pouvoir de l'image et la façon où elle est exploitée/interprétée. Car même si CANNIBAL HOLOCAUST est avant tout un film bien gerbant, il apporte aussi son lots de questions et de réflexions sur notre société actuelle basée sur l'image et le sensationnalisme, comme la recherche de l'audimat, la télé réalité, la censure, les reportages scabreux (doit-on tout montrer pour informer?)… Bref, revenons au film! L'introduction commence bien, vue en contre-plongé sur le gigantesque paysage de l'Amazonie, avec en fond une musique bien langoureuse… Ah, vive les clichés! Quatre journalistes (bien bœuf!) partent en expédition pour enquêter sur des tribus cannibales. Malheureusement, plus aucunes nouvelles, l'équipe semble avoir disparue… Ensuite, nous faisons connaissance avec le professeur Monro (et son look José Bové) qui est décidé à partir à leurs recherches, avec l'aide d'un guide mercenaire. Pour se faire, une bande de militaire capture brutalement un indigène, qui servira entre-autre de monnaie d'échange… Suite à une longue marche à travers la jungle (avec images exotiques, probablement tirées d'un documentaire animalier), nous assistons à la première entrevue avec les cannibales (peuple des marais), avec une scène très malsaine: Une femme ayant commis l'adultère se fera explicitement violée par son compagnon à l'aide d'une pierre taillée!! Là, on serre déjà les dents! Il lui remplira le vagin avec de la boue, pour finalement lui fracassé le vissage! Le tout sur une musique ultra-oppressante. Plus tard aura lieu la rencontre avec le peuple de l'arbre… et des restes de l'équipe journalistique. Le professeur arrivera à négocier pour récupérer des bobines de films. Retour à New York pour la vision de ces bobines. On entre alors dans l'étape "film du film", dont le concept sera outrageusement pompé par BLAIR WITCH PROJECT. Et là, ça se corse vraiment! Les hostilités commence avec la présentation de l'équipe, avec notamment la vision d'un de leurs anciens reportages "The Lost Road To Hell". Il s'agit d'images malsaines (réelles?) d'exécution publique, en dictature africaine. Passé ce petit hors d'œuvre, place à l'aventure en compagnie des 4 journalistes (3 hommes et 1 femme), qui feront rencontres avec les tribus… mais bon, plutôt que de tout vous racontez, je vais plutôt énumérer les scènes chocs! Sujet à polémique, le massacre d'animaux, hélas réalisé sans aucun trucages… On nage en pleins snuff-movies! La mutilation et découpe en gros plans d'une tortue géante en est l'exemple le plus flagrant. Un déluge de tripes sur une musique bien tragique… un avant goût du reste à venir… Suite à une morsure de serpent (qui finira en rondelle), le guide y laissera un orteil, puis la jambe et finalement la vie, laissant l'équipe livrée à elle-même… On apprend que leur but est de devenir riche grâce à ce reportage, et personne ne s'étonnera de la tournure des événements, comme lorsqu'ils arrivent au village en jouant les terreurs et en humiliant ce peuple: tire en l'air, maltraitance des animaux, feu aux paillotes avec des personnes à l'intérieur (mais juste pour le spectacles, hein! Ils les laisseront sortir à la fin!!)… Ils n'hésiteront pas n'ont plus à filmer les dernières heures d'une mourante, ainsi qu'un "avortement live" (le fœtus est arraché du vagin et enfouie dans la boue! La femme se verra lapidée par d'autres femmes… Vers la fin, ils commenteront l'erreur de violer collectivement une femme indigène, sous l'œil de la caméra… Etant devenue impure, elle se fera empalé sur un poteau (entrant par le vagin et ressortant par la bouche!!). Cette image culte et choc à fait le tour du monde. La vengeance sera terrible… Le film prend des allures beaucoup plus chaotique, avec de nombreuses coupures et changement de bobines. L'équipe est poursuivie, il n'y aura aucun survivant… l'un se ferra transpercé par une lance, la femme violée par les hommes, finira massacré à coup de gourdin puis décapitée par les femmes, un autre aura le sexe tranché, et le reste du corps mutilé, avant de se faire étripé à mains nues… La camera film toujours, c'est la danse des boyaux!! Ca va vite, c'est confus, ça se mange, ça s'arrache, bref c'est un pur carnage en guise de final! Et nous, on en ressort tout bizarre devant une telle avalanche de bidoche et d'immoralité. Car ce n'est pas tant les scènes sanglantes qui dérange (y'a eu beaucoup pire en matière de gore), mais plutôt l'ambiance malsaine qui règne, ce coté volontairement réaliste et snuff (tuerie d'animaux). Tout à été fait pour faire croire à un documentaire. L'image, très granuleuse et tremblante, avec caméra d'épaule, le rythme rapide sans fioriture, les coupures, la qualité du son qui peut baisser, voir disparaître… tout à été conçue pour nous faire croire que ce n'est pas un simple film. Qu'on le veuille ou non, que l'on aime ou déteste, CANNIBAL HOLOCAUST est un film culte, qui restera dans les annales du cinéma transgressif. D'ailleurs, il donnera suite à de nombreux clones, avec plus ou moins de réussite (CANNIBAL FEROX, MONDO CANNIBAL…).
Cannibal Holocaust
Italie, Colombie, 1980
De Ruggero Deodato
Scénario : Gianfranco Clerici, Giorgio Stegani
Avec Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi, Salvatore Basile, Ricardo Fuentes
Photo : Sergio d'Offizi
Musique : Riz Ortolani
Durée : 1h32
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